Troisièmes Rencontres Internationales. Territoires, territorialisation, territorialités (TTT3) Grenoble. Hybride, hybridation, hybridité. Les territoires et les organisations à l’épreuve de l’hybridation.

Territoires hybrides_APPEL

Colloque TTT3 Hybridation (Programa)

http://www.pacte-grenoble.fr/blog/2012/03/les-premieres-photos-des-rencontres-ttt3/

Hybridation et aménagement. Périphéries métropolitaines et hybridation: le cas de l’agglomération de Madrid

Gómez Mendoza, Josefina, Universidad Autónoma de Madrid, josefina.gomez@uam.es

Aménagement, périphéries urbaines, Madrid, crise immobilière

Les grandes infrastructures et l’aménagement urbain communal et supracommunal en agglomération urbaine (avec ou sans plan territorial d’ensemble) donnent lieu à de nouveaux tissus territoriaux, inédits, caractérisés parfois banalement comme « campagne urbaine »: ce sont les périphéries métropolitaines où la fragmentation et la discontinuité dominent, les lignes de rupture sont des frontières quasi infranchissables, les voies, les routes et les rues sont devenues de grands distributeurs de trafic automobile, sans piétons, chaque unité spatiale a sa propre spécialisation territoriale, et la vie métropolitaine se déroule soit à l’intérieur fermé de grands immeubles résidentiels, soit dans des centres commerciaux et de loisir, grands containers privés ouverts au public. Ces nouvelles mailles urbaines, dont la création s’est faite dans un temps record, ont cependant été frappées par la crise immobilière et économique après 2008, de façon que leur construction et leur occupation se sont trouvées ralenties ou interrompues, changeant le rapport temporel entre accomplissement du bâti et arrivée des résidents et introduisant des échelles temporo-spatiales décalées, que j’oserais appeler hybrides. Ces périphéries, hybrides sans doute par l’hétérogénéité de leurs formes, le sont devenues aussi par le contraste entre des espaces conçus avant pour un futur raté et les usages réels d’aujourd’hui.

Le cas des périphéries de Madrid est à ce propos particulièrement singulier et frappant, aussi bien par l’énorme développement des espaces aménagés et dont la construction a parfois été interrompue que par la restriction et la distorsion des espaces vécus en raison de la sévérité de la crise économique et sociale et des erreurs d’aménagement. Il s’agît trop souvent de grands containers vides. Au point que l’artiste américain d’origine allemande, Hans Haake, représentant de la critique institutionnelle partant de l’art conceptuel, l’a choisi pour son exposition Castillos en el aire («Châteaux en Espagne») : l’expansion (ensanche) de la ville de Vallecas au sud de Madrid, imposant par son ampleur établit un dur contraste avec son vide d’habitants que Haake présente comme symbole des ruines de notre société contemporaine : plans, bâtiments, grands boulevards vides portant les noms des grands courants artistiques de la contemporanéité.

Tout autour de Madrid ces espaces compris dans ce que l’on appelle la seconde et la troisième couronne métropolitaine sont extraordinairement composites, hétéroclites, hétérotopiques et morphologiquement hybrides. Madrid est une des rares métropoles à avoir complété trois ceintures de circulation orbitales (M30, M40, M50) qui forment avec les radiales un des réseau d’autoroutes plus dense de l’Europe : 136 km/ million d’habitants face aux 61 de l’Île de France. Les périphéries deviennent ainsi extrêmement diverses, avec hybridation et imperméabilité se succédant ou même se superposant. Les grandes infrastructures linéaires de circulation constituent aussi bien des moyens d’accès que des barrières pour des pièces urbaines homogènes, ouvertes ou fermées : résidentiels (parfois en gated communities), parcs industriels et de services, campus universitaires, grands et moyens centres commerciaux, etc. Parfois de grandes pièces spécialisés d’équipement (tels que les campus tertiaire d’une seule entreprise) représentent des enclaves à accessibilité réduite ou même impossible. Le réseau de voirie secondaire se caractérise par des strips de plusieurs dizaines de kilomètres, axes sur lesquels se sont installés spontanément ou non toute sorte d’établissements (ateliers, petites entreprises, commerces, hôtels, résidences sanitaires, etc.). Dans ce réseau de lecture difficile, les interstices sont occupés par des activités en régression telle l’agriculture mais aussi les nouveaux parcs urbains, de grandes propriétés rustiques fermées mais surtout, de nombreux terrains vagues et friches de banlieue, en attente d’un reclassement urbain qui peut-être ne sera plus. Et, finalement, par des espaces d’exclusion et de marginalité qui renaissent ou se consolident par des processus d’occupation-invasion, aux formes elles aussi très hétérogènes, soit linéaires (comme la Cañada Real Galiana, de près de 40 kms, sur plusieurs communes où l’occupation illégale se reproduit et se transmet rendant ainsi très difficile l’actuation administrative), soit zonales, ou diffuses, sur sol public ou du sol privé.

Une hétérogénéité morphologique et fonctionnelle que l’on aperçoit de l’autoroute, qui se compose et se recompose, qui est faite à la fois de grands espaces ouverts et de clôtures, dont les trames et la texture sont variés, et dont les changements de rythme politiques et démographique et surtout la crise de la grande récession économique ont figé (provisoirement ?) un nouveau caractère hybride.

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